Salaire d’un adjoint au maire en 2026 : grilles, plafonds et exemples concrets

L’indemnité d’un adjoint au maire n’est pas un salaire au sens du droit du travail. C’est une indemnité de fonction versée mensuellement, encadrée par le code général des collectivités territoriales (CGCT). Son montant dépend d’un seul paramètre de départ : la strate démographique de la commune. Le calcul repose sur un pourcentage appliqué à l’indice brut 1027 de la fonction publique, dont la valeur au 1er janvier 2026 fixe le plafond pour chaque tranche de population.

Indice brut 1027 et mode de calcul de l’indemnité d’adjoint au maire

Toutes les indemnités d’élus locaux partent d’une même référence : l’indice brut (IB) 1027 de la grille de la fonction publique. Au 1er janvier 2026, cet indice correspond à un traitement mensuel brut de 4 110,52 euros.

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Le CGCT attribue à chaque strate de population un taux maximal, exprimé en pourcentage de cet IB 1027. Pour un adjoint au maire, ce taux est distinct de celui du maire et toujours inférieur. Le montant brut mensuel se calcule ainsi : IB 1027 multiplié par le taux applicable à la strate.

Ce résultat constitue un plafond, pas un montant garanti. Le conseil municipal peut, par délibération, fixer l’indemnité à un niveau inférieur. La pratique est fréquente : à Saint-Denis de La Réunion, la délibération 2026 applique un taux de 45,21 % au lieu des 66 % réglementairement possibles, ce qui ramène l’indemnité brute mensuelle d’un adjoint à 2 322 euros contre 2 712 euros au plafond.

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Adjoint au maire portant l'écharpe tricolore devant l'entrée d'une mairie française en pierres

Grille des plafonds d’indemnités des adjoints au maire en 2026

Le tableau ci-dessous reprend les taux maximaux fixés par le CGCT pour les adjoints, appliqués à la valeur de l’IB 1027 au 1er janvier 2026.

Population de la commune Taux maximal (% de l’IB 1027)
Moins de 500 habitants 10,7 %
De 500 à 999 habitants 16,8 %
De 1 000 à 3 499 habitants 21,1 %
De 3 500 à 9 999 habitants 22,1 %
De 10 000 à 19 999 habitants 27,5 %
De 20 000 à 49 999 habitants 33 %
De 50 000 à 99 999 habitants 44 %
100 000 habitants et plus 66 %

Pour obtenir le montant brut mensuel, il suffit de multiplier 4 110,52 euros par le taux. Un adjoint dans une commune de 500 à 999 habitants atteint donc un plafond brut de l’ordre de 690 euros mensuels, tandis qu’un adjoint dans une ville de plus de 100 000 habitants peut percevoir jusqu’à environ 2 713 euros bruts.

Ces montants sont bruts. Les cotisations sociales (CSG, CRDS, retraite IRCANTEC) viennent en déduction, ce qui réduit le net perçu d’environ un quart selon la situation personnelle de l’élu.

Délibération du conseil municipal : la marge de manoeuvre réelle

Le taux maximal n’est qu’un plafond. Le conseil municipal vote le montant effectif des indemnités par délibération, et dispose d’une latitude réelle pour ajuster les niveaux.

Plusieurs raisons poussent les communes à fixer des indemnités inférieures au plafond :

  • L’enveloppe globale d’indemnités (maire, adjoints, conseillers délégués) est contrainte par le budget communal. Augmenter l’indemnité d’un adjoint peut obliger à réduire celle d’un autre élu.
  • Le nombre d’adjoints varie selon les communes. Certaines villes créent davantage de postes d’adjoints et répartissent l’enveloppe sur un plus grand nombre d’élus, ce qui mécaniquement abaisse le montant individuel.
  • La pression politique locale joue : dans les petites communes rurales, voter le taux maximal peut être perçu comme excessif au regard du budget total.

À Bastia, la délibération d’avril 2026 rappelle explicitement que l’indemnité doit couvrir les frais liés à l’exercice du mandat, et détaille la répartition entre le maire et ses adjoints. Ce type de transparence devient plus courant dans les communes moyennes et grandes.

Conseillers municipaux délégués : un cas à part

Un conseiller municipal qui reçoit une délégation de fonction du maire peut percevoir une indemnité, mais son taux maximal est inférieur à celui d’un adjoint. L’enveloppe totale consacrée aux indemnités de l’ensemble des élus reste plafonnée, ce qui crée un arbitrage direct entre le nombre de délégations et le montant versé à chaque bénéficiaire.

Adjointe au maire dans un bureau administratif municipal moderne consultant une grille de salaire sur papier et écran

Majorations en outre-mer et dans les chefs-lieux : impact sur l’indemnité réelle

Les contenus généralistes sur le sujet passent souvent à côté d’un facteur déterminant : les majorations territoriales. Plusieurs cas de figure existent.

Les communes classées chefs-lieux de département ou de région bénéficient d’une majoration de leur indemnité de base. Cette majoration s’applique aussi aux adjoints, ce qui peut significativement relever le montant final par rapport à une commune de même taille non chef-lieu.

En outre-mer, le mécanisme est encore plus marqué. En Nouvelle-Calédonie, le barème des indemnités est identique à celui de la métropole, mais un coefficient de majoration des fonctionnaires locaux (1,73 ou 1,94 selon les communes) s’applique. Un adjoint au maire dans une commune calédonienne de taille modeste peut ainsi percevoir une indemnité nettement supérieure à celle de son homologue métropolitain à strate démographique équivalente.

À La Réunion, Saint-Denis cumule le statut de chef-lieu de département et la majoration DOM. La délibération 2026 de la ville montre que même avec un taux volontairement réduit (45,21 %), chaque adjoint perçoit 2 322 euros bruts mensuels, un montant supérieur au plafond théorique d’une commune métropolitaine de taille comparable sans majoration.

Fiscalité applicable aux indemnités d’adjoint au maire

Les indemnités de fonction sont soumises à l’impôt sur le revenu. Deux options existent pour leur déclaration :

  • L’imposition au barème progressif classique, après application d’un abattement pour frais d’emploi dont le montant varie selon la taille de la commune.
  • La retenue à la source forfaitaire, prélevée directement par la collectivité, qui dispense l’élu d’intégrer l’indemnité dans son revenu imposable global. Cette option est souvent plus avantageuse pour les élus percevant par ailleurs des revenus d’activité.

Le choix entre ces deux régimes se fait chaque année. L’élu doit notifier son option à la collectivité, faute de quoi la retenue à la source s’applique par défaut.

L’indemnité d’adjoint au maire en 2026 reste un mécanisme où le montant réellement perçu dépend moins du barème légal que de la délibération locale, du nombre d’adjoints nommés et des majorations territoriales applicables. Consulter la délibération de sa commune reste le moyen le plus fiable de connaître le montant exact.