Les meilleures destinations d’Asie à explorer en septembre

L’Asie en été. Rarement choisie, souvent écartée, sous prétexte que le soleil y fait grise mine pendant que les plages d’Arcachon ou de Juan-les-Pins débordent de vacanciers. Au retour, les regrets fusent, les accusations pleuvent, « Pourquoi ne pas avoir tenté l’ailleurs, l’inédit ? », mais la réponse est là, évidente : la saison semble mal choisir son camp.

Pourtant, reléguer juillet et août en Asie au rang d’interdits relève de la facilité. Le sujet mérite qu’on s’y arrête, vraiment.

La mousson s’impose : à éviter

Il faut commencer par examiner les destinations qui déçoivent au cœur de l’été, celles où la mousson domine le calendrier. La Thaïlande en donne la parfaite illustration. Les températures varient peu, mais dès juin, le ciel se fait menaçant : jusqu’à 300 mm de précipitations dans l’ouest en août, 350 mm à Bangkok en fin d’été. Les voyages s’y déroulent souvent sur fond d’averse, l’optimisme rentre rarement sec. Même scénario pour le Laos qui affiche en moyenne 28 jours de pluie rien qu’en juillet, une gageure pour les amateurs d’éclaircies. Aucun répit du côté du Cambodge ou du Vietnam, où les nuages rythment le passage de l’été.

La Chine attire parfois ceux qui espèrent déroger à la règle, mais il faut se méfier : la majorité des pluies annuelles déboulent pourtant entre mai et septembre sur la plupart des provinces. Au Japon, l’alternance de bruines et d’orages est presque continue en été, et la situation n’est guère plus enviable en Corée du Sud où l’humidité flirte avec des records, le tout parfois sur fond de typhons sévères. Aux Philippines, la saison des pluies se montre particulièrement brutale au nord, et dès août, le risque de tempêtes gagne encore du terrain. Quant au Myanmar, impossible d’espérer un vrai répit : les averses sont légion de mai à octobre, accompagnées d’une nuée de moustiques qu’aucune brise ne dissipe. Mandalay s’en sort un peu mieux, mais sept jours d’averses en juillet suffisent à ralentir le programme du plus tenace des voyageurs.

L’atmosphère ne devient guère plus clémente en Inde : la mousson recouvre la majeure partie du territoire, avec des températures qui ne se gênent pas pour s’envoler jusqu’à 36 voire 40°C dans le nord. Pas vraiment le terrain de jeu idéal. Au Népal, l’été conjugue chaleur étouffante et envahissement de sangsues, de juin à septembre, ces parasites imposent leur présence et transforment chaque randonnée en défi d’endurance.

(photo : Mike Kotsch) Les pays asiatiques à privilégier en été

S’arrêter là serait injuste. L’Asie réserve aussi d’excellentes surprises estivales, à condition de savoir où regarder. En tête de ce palmarès, l’Indonésie s’impose, et Bali, bien sûr, en est la vitrine. Ici, l’humidité reste, mais la saison sèche s’étale de mai à octobre. À cette période, Java (surtout au centre et à l’est), le sud de Sulawesi et Flores offrent d’excellentes conditions. Par contre, les régions de Sumatra ou Bornéo ne desserrent pas l’étau des pluies.

La Malaisie constitue une option séduisante en été, notamment sur la côte est et dans l’est du pays. L’humidité ne disparaît jamais tout à fait, mais juillet et août affichent moins de précipitations. Atout non négligeable : les vacanciers y sont plus rares, ce qui rend l’expérience nettement plus sereine qu’à d’autres saisons. Idéal pour qui souhaite éviter la foule tout en profitant de l’air du large.

Les amateurs de territoires bruts jetteront leur dévolu sur la Papouasie-Nouvelle-Guinée : juillet et août voient la côte sud, face à la mer de Corail, bénéficier d’un temps plus sec. Le reste du pays reste copieusement arrosé, mais cette période réserve tout de même un répit encore rare par ailleurs.

Un autre outsider s’invite : la Mongolie. Si la pluie ne disparaît pas totalement en été, les températures deviennent enfin vivables, loin des hivers hostiles. En juillet et août, la steppe retrouve sa douceur (autour de 25°C), un contraste saisissant avec la saison froide où le mercure dégringole à -25°C. Le Tibet suit un schéma voisin : si juillet laisse passer quelques averses, août offre un climat un peu plus sec, offrant aux voyageurs avertis une échappée moins compromise.

Pour finir, le nord de l’Australie, le célèbre Top End, joue la carte de la différence. Ici, juillet et août signifient nuits fraîches, journées claires, sécheresse presque garantie. L’Australie n’a rien d’asiatique à proprement parler, mais la proximité invite à décloisonner les frontières géographiques pour ceux qui rêvent de pistes rouges, de nature sauvage et d’espaces infinis. Il s’agit de prévoir du temps : ce territoire ne se laisse pas apprivoiser en vitesse.

Oser un été asiatique, c’est choisir avec minutie, mais aussi se donner la chance d’explorer un continent loin des idées reçues. Parfois, l’audace offre des horizons que les cartes postales ignoraient. Qui sait ce que vous révéleront ces détours hors saison ?

Crédit photo : JoelvoDell